Alors que Stéphane Ravier renonce aux municipales de 2025, Franck Allisio se retrouve seul, à l’extrême droite, et en position de force pour tenter l’union à droite.
Une alliance, qui déroule le tapis rouge à Franck Allisio. Le sénateur des Bouches-du-Rhône, Stéphane Ravier, ancien membre du RN ayant rejoint Reconquête en 2022, a annoncé jeudi 2 octobre au micro de BFM Marseille qu’il renonçait à briguer la mairie de Marseille en 2026. Un désistement, au profit du candidat du Rassemblement national. Déclarant qu’il “ne serait pas le diviseur alors que la droite s’est alliée avec la macronie”, il a également appelé ses soutiens à se mettre “à la disposition de la campagne de Franck Allisio pour permettre à Marseille de saisir cette chance historique". Une décision qui fait les affaires de Franck Allisio, candidat déclaré du RN. En éliminant son principal concurrent, il s’assure le monopole des voix de l’extrême droite marseillaise. Un soutien qui porte déjà ses fruits, puisque le 9 novembre un sondage de Cluster 17 commandé par Politico plaçait le candidat du RN en tête, à égalité avec le maire actuel (DVG), Benoît Payan, au premier tour des élections municipales, avec 29% des voix. Une progression significative, alors que le candidat du RN en 2020, à l’époque Stéphane Ravier, avait atteint la troisième position, avec un score de 19 %.
Son arme principale : la dédiabolisation de son parti. Sa communication est ultra contrôlée, le passé et les activités de ses collaborateurs passés au peigne fin. Objectif semble clair, éviter les “brebis galeuses”, que le parti avait investies aux dernières législatives, entachant par la même la crédibilité de leurs campagnes. Soutien du candidat RN, Stéphane Ravier est sommé de tenir éloignés les plus encombrants de ses compagnons de route, identitaires ou royalistes.
Franck Allisio fait de sa proximité avec Jordan Bardella et Marine Le Pen un argument de campagne. Utilisant l’image d’un président du RN, autant politique que people. Lors de la séance de dédicace de ce dernier pour son nouveau livre à Marseille, Franck Allisio s’est fièrement tenu à ses côtés, profitant du même coup de l’attention portée sur le potentiel candidat à la présidentielle.
L’union des droites, sa priorité
Le candidat déclaré du RN pour les municipales, a fait de l’union des droite son cheval de bataille. Issu de l’UMP, il a fait ses classes auprès de Nathalie Kosciusko-Morizet avant de rejoindre le Front national en 2015. À la recherche de soutiens de tous les côtés, il appelle Martine Vassal à le soutenir « plutôt que d'aller à la gamelle socialo-macroniste avec Payan ». Une proposition laissée sans réponse par la principale intéressée. Les alliances au second tour pourraient être décisives dans le résultat du scrutin. Selon Politico, dans l’hypothèse où Sébastien Delogu, candidat de la France insoumise, se maintient au second tour, “Benoît Payan ne l'emporterait à ce jour que d'une très courte tête, avec 30,5 % des voix, contre 29 % pour le RN.” Un score extrêmement serré, qui laisse entrevoir au Rassemblement national une possible victoire dans la deuxième plus grande ville de France.