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Loi PLM : qu’est ce qui change pour les municipales 2026 à Marseille ?

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Les 15 et 22 mars prochains, Marseille appliquera pour la première fois la réforme de la loi PLM aux élections municipales : deux urnes et un maire élu directement à l’échelle de la ville. Tout comprendre en trois points clés. 

Pour la première fois les Marseillais.es vont élire directement leur maire les 15 et 22 mars prochains. La réforme de la loi dite “PLM” pour Paris-Lyon-Marseille, adoptée à l’été 2025, refonde le mode de scrutin municipal dans les trois villes : elle vise à ce que les électeurs aient une influence directe sur l’élection de la.e maire. Elle modifie ainsi de manière substantielle le régime dérogatoire instauré en 1982 et porté à l’origine par Gaston Defferre, maire de Marseille jusqu’en 1986. 

À ses débuts, la loi PLM prévoyait de décentraliser le pouvoir communal en créant des conseils d’arrondissements dotés de certaines marges de manœuvre politiques. Mais très vite, la loi a été accusée de favoriser certains secteurs plus peuplés au détriment des secteurs moins denses. Concrètement, c’était un système assimilable au mode de scrutin étatsunien. Autrement dit, avec la prime majoritaire, un.e maire élu de justesse dans un arrondissement très peuplé, disposait d’un nombre plus important de soutiens au conseil municipal de la ville qu’un.e autre maire qui l’aurait remporté avec plus de voix dans un secteur moins peuplé. Un.e maire pouvait donc être élu.e sans avoir obtenu la majorité des suffrages.

 

À quoi sert la mairie de secteur ? 

 

À Marseille, il existe 16 arrondissements, regroupés en 8 secteurs. Par exemple, le 1er et le 7ème arrondissement, limitrophes, sont regroupés pour former le premier secteur et possèdent la même mairie. Les mairies de secteur disposent d'un budget, réparti par la mairie centrale. Elles peuvent organiser des événements ou réaliser quelques aménagements de l'espace public. Mais leurs compétences restent limitées, car ces budgets alloués sont très réduits et les décisions principales doivent passer par la mairie centrale. 

 

PLM

Un bureau de vote, deux urnes 

 

Le mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille pour les élections municipales change donc cette année. Le point commun de ces trois villes, les plus peuplées de France : elles sont divisées en arrondissements ; à Marseille, on parle de secteurs. C'est pour cela qu'une loi spécifique leur est dédiée. Avant, les marseillais.es ne votaient pas directement pour la liste de la mairie centrale, mais pour des listes par secteur. 

 

Concrètement, désormais, les marseillais.es voteront pour deux scrutins distincts le même jour. En se rendant dans le bureau de vote de son secteur, on trouvera deux urnes : la première pour élire les conseiller.ère.s d’arrondissements, chargé.e.s d’élire les maires de secteur, une seconde pour élire les conseiller.ère.s municipaux.ales, qui éliront le ou la maire de la ville. Chaque électeur.ice déposera donc deux bulletins dans deux urnes séparées, un changement majeur dans le fonctionnement des élections municipales. 

Schéma PLM

Ce nouveau mode d’élection impose une organisation plus complexe le jour du scrutin : besoin de bureaux de vote plus grands, plus d'assesseurs. Enfin, une liste pourra potentiellement se présenter pour la mairie centrale et la mairie de secteur, ou inversement, uniquement dans une mairie de secteur, ce qui pose des questions sur les modes de financements de ces potentielles double candidatures

 

La prime de 25% pour un meilleur “pluralisme politique”? 

 

Ce ne sont pas que les modes de scrutin qui changent, c’est aussi l'attribution des sièges au conseil municipal. 

Partout en France, la liste arrivée en tête obtient automatiquement au moins 50 % des sièges au conseil municipal, ce qui permet d’assurer une certaine stabilité. Avec la loi PLM les trois plus grosses villes de France font face à un grand changement. À partir de maintenant la majorité ne bénéficiera pas de 50% des sièges mais bien de 25%, ce qui la confronte à plus d’opposition et d'instabilité. Sauf coalition ou large victoire électorale, la gouvernance risque d'être compliquée. 

À Marseille, de nombreux représentants locaux remettent en question ce pourcentage. Le député socialiste Laurent Lhardit, membre de la majorité de Benoît Payan au conseil municipal, confie à Marsactu : “Ça serait important à l’avenir de réfléchir à rétablir le mode de scrutin vraiment comme dans toutes les villes de France.”

Cette réforme législative voulait, à l'origine, donner davantage de représentation à l’opposition. Cependant elle doit faire ses preuves. À ce stade, il est encore impossible de savoir si la loi PLM est une garantie d’une meilleure représentativité ou alors source de discorde politique. 

Interrogée par Marsactu, la maire divers gauche des 1er et 7e arrondissements, Sophie Camard, également conseillère municipale chargée du suivi de la réforme de la loi PLM, ajoute : “Il n’y a pas d’autre choix que de s’adapter aux règles du jeu. Les citoyen.es nous diront s’ils les trouvent plus simples et efficaces.”

Compo conseil municipal

“Il n’y a pas d’autre choix que de s’adapter aux règles du jeu. Les citoyen.es nous diront s’ils les trouvent plus simples et efficaces.”

Plus d'élus dans l'hémicycle 

La réforme de la loi PLM ne change pas seulement la manière d’élire le maire : elle modifie aussi la taille et la composition de l’hémicycle. Première conséquence concrète : le conseil municipal comptera 10 élus de plus, passant de 101 à 111 sièges. Plus qu'un simple bonus démographique, une nécessité institutionnelle. Les 15 et 22 mars 2026, il ne se jouera pas que le scrutin municipal et celui de secteur, il faudra également élire les conseillers à la Métropole Aix-Marseille-Provence. 

Or, avec la réforme, les conseiller.ères métropolitain.es ne seront plus fléché.es depuis les listes des secteurs - comme aujourd’hui - mais depuis celles du conseil municipal. Cela signifie que les élu.es municipaux.ales devront aussi servir de vivier pour la Métropole. Il faut donc davantage de noms éligibles pour couvrir les 102 sièges métropolitains réservés à Marseille : à la fois ceux à attribuer immédiatement, et ceux nécessaires en cas de démissions ou changements en cours de mandat. D'où l’augmentation du nombre de conseillers municipaux.

Clara Gazel, Macha Guichard, Mona Lobert & Judith Seguin