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- Analyse
Martine Vassal : “Je veux 3000 caméras de vidéosurveillance”
Dans une interview accordée à La Provence, Martine Vassal, candidate de droite pour les Municipales 2026, souligne sa volonté d’installer 3000 nouvelles caméras de vidéosurveillance dans la cité phocéenne. Un dispositif qui permettrait selon elle de “réduire le sentiment d’insécurité”. Mais est-ce une promesse vraiment réalisable ? Quel est le coût réel d’un tel investissement ? Le 13 Informé a vérifié pour vous ce que ce dispositif pourrait représenter.
Etat des lieux : combien de caméras déjà présentes à Marseille ?
Marseille compte aujourd’hui 1901 caméras de vidéosurveillance scrutées chaque jour par 50 agents du centre de supervision urbain, créé en 2012. Ce chiffre sera amené à augmenter puisque, le 15 octobre 2025, un arrêté préfectoral des Bouches-du-Rhône annonce le déploiement de 300 nouvelles caméras dans la ville de Marseille. L’enveloppe totale de ce nouveau dispositif monte à 15 millions d’euros, avec une participation étatique de 80% du coût. D’ici fin 2026, un total de 2.201 caméras seront donc déployées.
Carte des caméras de vidéosurveillance dans le centre-ville de Marseille (Open street map)
Projet Vassal : Une continuité dans le discours de la candidate LR
Si le projet de l’installation voit le jour, un total de 5201 caméras sera déployé dans la ville. Mais à quel prix ? Le 13 Informé a calculé pour vous.
D’après la ville de Marseille dans un document de communication datant de 2019, le prix de l’installation d’une seule caméra, sans le fonctionnement et les frais de location du réseau de fibre, s’élève entre 20 000 et 25 000 euros. Cette ordre de prix correspond à celui présenté dans un rapport publié par la Cour des Comptes en 2020, qui indique des coûts similaires pour l’installation d’une caméra dans la ville de Clamart. Pour les 3 000 caméras de vidéoprotection souhaitées par la candidate LR, la totalité de l’investissement représente entre 60 et 75 millions d’euros.
Et combien coûte le fonctionnement d’une caméra ? À l’année, le coût de fonctionnement d’une seule caméra est de 4 600 pour l’entretien, la location et la maintenance selon le document de la ville de Marseille. Si l’on se base sur le rythme moyen d’installation prévu pour la première année, 150 caméras pourraient être mises en service. En appliquant le coût annuel à ces installations, le calcul est simple : 150 caméras × 4 600 € = 690 000 € pour une année complète de fonctionnement.
Mais comme les caméras ne seraient pas installées toutes simultanément, la dépense cumulée pour cette première année est estimée à 4,14 millions d’euros, en tenant compte de ce déploiement progressif.
En projetant ce rythme d’installation et ce coût annuel sur toute la durée d’un mandat municipal de six ans, le total grimperait à environ 14,5 millions d’euros uniquement pour le fonctionnement des caméras. Autrement dit, plus les années passent et plus le nombre de caméras en activité augmente, ce qui alourdit la facture globale. Ce chiffre ne prend pas en compte la masse salariale des agents du CSU, qui augmentera en parallèle.
Les 3 000 caméras peuvent-elles être réellement installées avant la fin du mandat de 2026-2032 ?
Le délai moyen pour l’installation d’une caméra est de 6 à 18 mois selon la ville de Marseille. Sur un an, entre 2024 et 2025, environ 150 caméras ont été installées.
À ce rythme, cela signifie donc que sur les six ans du mandat supposé de Martine Vassal, seulement 900 caméras pourraient être installées sur les 3 000 prévues.
Maéna Guérin et Eve Barnaud