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Le Rassemblement National à l’assaut des Bouches-du-Rhône : quelles communes sont à risque ?

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À quelques mois des municipales de 2026, la carte politique des Bouches-du-Rhône se colore de zones d’incertitude. Un parti semble être en bonne position pour réaliser une percée historique : le Rassemblement national. Entre bastions déjà conquis et communes fragilisées par les divisions politiques, le terrain apparaît plus que jamais propice au parti de Jordan Bardella.

Le Rassemblement national en position de force dans les Bouches-du-Rhône

Des communes déjà conquises par l’extrême droite

À l’approche des municipales, les Bouches-du-Rhône cristallisent les enjeux d’un Rassemblement national en quête d’ancrage local. Mais entre territoires conquis, zones grises et contre-exemples tenaces, la carte électorale demeure contrastée. Une analyse publiée par StreetPress, fondée sur les travaux du politologue Alessio Motta, met en lumière un département où l’extrême droite pourrait étendre son influence. Quatre villes apparaissent en catégorie E, celles déjà tombées durablement sous contrôle du RN ou de ses alliés : Marignane, Rognac, Saint-Victoret et Saintes-Maries-de-la-Mer d’après StreetPress. 

 

Mais attention cela n’est pas totalement véridique. Si Marignane et Rognac sont bien déjà aux mains du RN et de ses alliés, ce n’est pas le cas de Saint-Victoret, le maire, Claude Piccirillo, est encarté chez les Républicains, même constat du côté de Saintes-Maries-de-la-Mer avec Christelle Aillet. 

Ces deux communes ont des chances de tomber aux mains de l’extrême droite lors des prochaines municipales mais il est important de rappeler que ce n’est pas le cas actuellement.  

« Même si leurs présences restent minimes dans les mairies, ils commencent doucement à se faire une place. Rognac n’est que le début de la conquête du RN », explique Caroline Motte, journaliste spécialiste de l’extrême droite à France Télévisions. 

 

Des villes en sursis politique

Plus préoccupant pour les oppositions : plusieurs communes sont classées « à risque » dans la catégorie D, celles susceptibles de basculer au RN en cas de candidats sortants affaiblis ou de divisions persistantes à droite comme au centre. Des villes d’importances, figurent parmi ces zones sensibles comme à Istres, localité dans laquelle la candidate du parti d’extrême droite, Rose Criado a dépassé les 10% aux municipales en 2020 ou encore à Aubagne, ville où le RN a aussi dépassé les 10% aux mêmes élections. Au total, près de 50 communes sont citées par StreetPress.

Présence des députes du Rassemblement national et ses alliés dans les Bouches-du-Rhône

Liste des députés Rassemblement national et Union des droites pour la République des Bouches-du-Rhône : 

1ère circonscription : Monique Griseti (RN)

3ème circonscription : Gisèle Lelouis (RN)

6ème circonscription : Olivier Fayssat (UDR)

8èmecirconscription : Romain Tonussi (RN)   

9ème circonscription : Joëlle Mélin (RN)

10ème circonscription : José Gonzalez (RN) 

12èmecirconscription : Franck Allisio (RN)

13ème circonscription : Emmanuel Fouquart (RN)

14ème circonscription : Gérault Verny (UDR)

15ème circonscription : Romain Baubry (RN) 

16ème circonscription : Emmanuel Taché (RN)

Un parti déjà ancré localement

L’ancrage national du RN dans les Bouches-du-Rhône constitue aujourd’hui un levier stratégique majeur. La 12ᵉ circonscription, représentée par Franck Allisio, en offre une illustration claire : elle englobe notamment Vitrolles et Marignane, ancien bastion RN. 

 

Le possible retour de l’extrême droite dans le pourtour de l’Étang de Berre ravive le souvenir d’une période où il avait déjà pris le contrôle de plusieurs communes du secteur. Dans les années 1990, Marignane avait été dirigée par Daniel Simonpieri, figure du Front National tandis que Vitrolles avait basculé en 1997 sous la mairie de Catherine Mégret, incarnation emblématique de la « vague bleu marine ». Le parti mise sur les dynamiques électorales récentes, scores élevés aux scrutins nationaux, implantation locale renforcée et stratégie ciblée sur les classes moyennes fragilisées pour réactiver un terrain où l’extrême droite a déjà démontré qu’elle pouvait, par le passé, conquérir et exercer le pouvoir municipal.

 

Et ce n’est pas tout, l’alliance menée par Éric Ciotti, allié du RN à l’Assemblée avec son parti l’Union des droites pour la République (UDR), pèse également dans le jeu local, avec deux députés implantés dans le département : Olivier Fayssat (6ᵉ circonscription) et Gérault Verny (14ᵉ).  Une présence qui fragilise encore davantage les forces traditionnelles. « En cas de triangulaire au second tour, avoir des alliés dans d’autres partis sera une précieuse aide et pourrait faire de véritables différences », rappelle Caroline Motte.

L’ancrage du RN en Bouche du Rhône ne signifie bien sûr pas que toutes les localités avec un député du parti d’extrême droite finiront par tomber dans leurs escarcelles. À Arles une victoire du Rassemblement national aux municipales apparaît aujourd’hui très improbable, malgré la présence d’un député RN, Emmanuel Taché. Lors du dernier scrutin municipal, le RN n’avait rassemblé qu’environ 8,5 % des voix au premier tour, très loin derrière les listes de centre-droit et de gauche. Résultat : Arles demeure, pour l’instant, un terrain particulièrement peu favorable à une conquête RN en 2026 malgré une victoire dans la 16ème circonscription lors des dernières législatives. « Le RN ne fera pas une razzia de toutes les communes, elle grapillera petit à petit. L’implantation locale du parti ne fait pas tout. Les élections législatives sont très différentes des municipales », tempère Caroline Motte.

2026 en ligne de mire : un basculement loin d’être écrit

Si les signaux semblent favorables au RN, rien n’est joué. Les municipales restent un scrutin d’ancrage, où les équipes locales, les maires sortants et les alliances pèsent souvent plus lourd que les tendances nationales. La capacité des oppositions à se rassembler ou au contraire à se fragmenter fera la différence.
Une certitude toutefois : dans les Bouches-du-Rhône, la bataille pour 2026 a déjà commencé, et le RN compte bien réaliser une véritable percée dans le département sudiste.