“Réussir en partant, ce n’est pas réussir”
Mamadou aurait pu partir. Il avait de quoi payer les passeurs, tenter la traversée jusqu’aux Canaries. Mais il a décidé de rester. « Réussir en partant, ce n’est pas réussir », souffle -t-il, en dessinant des motifs noirs sur les lacets des sandales. Et même s’il affirme que son art se vendrait plus facilement en Europe, “ce que je trouve courageux, c’est de réussir ici, auprès de sa famille”. Sans porter de jugement sur ceux qui tentent leur chance sur un autre continent, des retours sans lendemain, il en connait, “Tu pars, tu ne trouves pas ce que tu cherchais, et tu perds ce que tu avais”.
Lui a préféré investir ici, sur ses terres, auprès des siens. Il a pu, grâce à la vente de ses créations, s’acheter une machine à coudre 13 000 MRU (l’équivalent de 300 euros), et louer une boutique 2 500 MRU ( 50 euros) par mois. Son rêve ? Avoir un atelier plus grand, former des jeunes, transmettre. Et peut-être un jour, exposer en France ou en Belgique, non pas pour s’y installer, mais pour faire rayonner son art. Ce qu’il attend, ce n’est pas de partir, c’est d’être vu.
Foyssiri Mamadou Djimèra n’est pas encore marié. Il a d’abord épousé son métier. Son plus grand souhait ? Que ses futurs enfants partagent sa passion. Et que ses étagères bleues soient un jour remplies de ses créations - signe, dit-il, qu’il aura réussi.